23.06.2008

"Et si nous prenions des bouts de papier pour raconter le monde bigarré qui nous entoure"

Découvrez les deux derniers albums des Editions Bouts de papier, toujours aussi soignés, agréables à feuilleter et trés joliment illustrés de collages et dessins loufoques...

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 Peur
de Safie

Editions Bouts de papier, 2008, dès 3 ans

Peur est un petit album carré, publié dans la collection Cagouille. Ce nom fait référence aux petits mollusques baveux que les enfants aiment taquiner. L’humour permet à cette collection d’éclairer certains aspects absurdes ou insolites de la réalité. Ce livre drôlement pertinent traite d’un thème important de l’enfance sous un angle amusant afin que les jeunes lecteurs apprivoisent les frayeurs.

 Il propose une distanciation de ces peurs enfantines en les faisant rimer avec des termes rigolos et décalés. Chaque double-page présente à gauche une peur et à droite sa version loufoque, par exemple la « peur de partir » devient la « peur de rôtir dans un empire. » La conclusion se joue des mots et permet aux enfants d’exorciser leurs craintes. La timide « peur de tout » devient l’audacieuse « peur de rien », et par un tour de magie poétique, finit sa mue en une téméraire « peur de rien du tout. »

btdepapiers3.jpgJ’traîne des pieds
llustrations : Claire Garralon
chanson : Olivia Ruiz et Ben Ricour

Editions Bouts de papier, 2008, dès 6 ans

J’traîne des pieds, texte d’Olivia Ruiz extrait de l’album « La femme chocolat », est le premier titre de la collection « sans tambour ni trompette » aux éditions Bout de papier. Cette collection entraîne petits et grands dans l’univers poétique d’auteurs talentueux. J’traîne des pieds est une invitation à partager les souvenirs d’enfance de la belle Olivia, entourée de tous les siens à Marseillan.  Petite fille heureuse, elle préférait crapahuter à l’air libre plutôt qu’aller à l’école. Au bar familial elle apprenait la vie, la convivialité et observait les grands d’un regard amusé. Les dessins et collages de Claire Garralon recréent parfaitement l’atmosphère chaleureuse de la petite fille aux genoux écorchés et au cœur tout mou. Chaque page fait revivre un souvenir précis d’un antan idéalisé « où l’on pouvait faire les cons » l’esprit léger. Tables de soustraction, pages de cahiers d’écriture, dessins d’écoliers, papiers buvard évoquent des souvenirs aux senteurs de craie, l’enfance, la récré, papi, mamie, tonton, les copains, la vie… Les pages de cet album au format long se tournent comme on feuillette les souvenirs de notre enfance insouciante, le cœur débordant de joie et d’une nostalgie mélancolique indélébile. « Cette jolie collection donne une seconde vie aux textes, leur fait poursuivre l’aventure née lors de leur interprétation avec poésie et originalité. »

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Vivement les vacances!

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A la mer de Germano Zullo et Albertine, La joie de lire, 2008, dès 18 mois

Voici un avant goût des vacances ! A la mer est un grand album aux couleurs estivales dans l’air du temps puisque la météo semble enfin s’embellir. Sortez lunettes de soleil, crème solaire, masque et tuba et jetez vous à l’eau. L’invitation est lancée par Germano Zullo et Albertine les auteurs de cet album promenade. Pieuvre géante, sirène, avion publicitaire, girafe nageuse, châteaux de sable, radeaux, vendeur de glaces, superman sauveteur, hôtel animé et loufoque, crêpes, coiffeur pour dames, Musée de la marine et parc d’attraction pour vacanciers ravis… L’univers de la mer et des vacances nous tend les bras et nous fait dire bien haut : Vivement les vacances !!! Cet album rafraîchissant à souhait enchantera les plus petits qui inventeront leurs propres histoires. Il séduira aussi les parents restés de grands enfants la tête remplie de beaux souvenirs d’étés passés à s’amuser… A la mer.

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08.06.2008

Marietou Kissetou

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Mariétou Kissaitou de Marie-Félicité Ebokea, ill. Clémentine Sourdais, Le sorbier, 2008. Dès 5 ans

L’intrépide et pétillante Marietou vit au Cameroun, entourée de tous les siens. A l’école, elle brille par la vivacité de son esprit et par sa force. Durant la récréation, les garçons, dont elle aime bien se moquer, paraissent froussards à côté d’elle. Pourtant elle cache un pesant secret… sa terrible peur du noir et de l’homme panthère! Et la nuit, impossible de traverser la cour pour aller aux toilettes alors que l’obscurité est peuplée de formes menaçantes… Heureusement, son grand-père lui apprend à apprivoiser ses peurs irrationnelles. Il lui transmet la sagesse des ancêtres, qui fait la force de l’âme. Cet album, aux teintes chaleureuses, délivre l’image d’une Afrique vivante et gaie. Ses jolies illustrations naïves dévoilent de nouveaux détails - comme autant de petites histoires - à chaque nouveau coup d’œil. Un album que les lecteurs petits et grands vont adorer !

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12.05.2008

"Les histoires d'amours finissent mal..."

1459773082.jpg Prélude à un amour brisé, de Geert Kockere, Illustrations Isabelle Vandenabeele

traduit du néerlandais par Daniel Cunin

Editions du Rouergue, 2008

 

« Les histoires d’amour finissent mal … »

Valérie s'ennuyait / Dans les bras de Nicolas / Mais Nicolas, celui-là / Ne le savait pas / Les histoires d’amour finissent mal en général…

Prélude à un amour brisé est un album pour le moins original et audacieux. Contrairement aux contes de fées traditionnels, pas de « happy end » ni de " Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants". Mais plutôt un regard lucide porté sur la relation amoureuse à l’épreuve de la différence des sexes. A travers l’histoire d’un homme et d’une femme, se dévoilent les aléas de l’amour. Cet amour qui n’est pas forcément envisagé de la même façon selon les deux partenaires. Et les mots échangés, parfois semblables, qui peuvent ne pas revêtir le même sens pour l’un et pour l’autre.

Prélude à un amour brisé est inspiré du tableau du peintre belge, Edgar Tytgat, Prologue d’un amour brisé, reproduit sur la quatrième de couverture. Réalisée en 1928, cette œuvre naïve inspirée du fauvisme est assez mystérieuse malgré son titre évocateur. On y voit une femme allongée sur une table, des infirmières et médecins s’affairant autour de sa jambe amputée. Assis sur un banc à l’extérieur de la maison, un homme soutient amoureusement sa tête par la fenêtre ouverte. Ce personnage semble identique à celui qui se tient auprès d’elle dans la pièce, choqué par ce qu’il voit. L’amoureux qui la console, ne serait-il pas la cause de son malheur ?

 La narration de l’album est construite autour de ce tableau tragique. Servie par les illustrations « fauvistes » d’Isabelle Vandenabeele, cette ode à la liberté joue avec la symétrie et la symbolique de l’enfermement. Fort audacieusement Geert De Kockere, l’auteur, tente de décrypter l’histoire de cet amour brisé, amputé par le manque de liberté. Comme si donner complètement revenait à perdre une jambe ! Il montre l’extraordinaire élan qui pousse toute femme à vouloir voler de ses propres ailes et à se soustraire de l’emprise masculine, même dégoulinante de bienveillance.

 

La femme vit les murs

Et le carrelage fondre sur elle.

Elle vit un enfant. Puis un deuxième.

Elle trébucha. Dans sa tête. […]

Elle vit un homme qui la priait de,

Lui demandait de, promettait de,

Qui l’amputait d’une jambe.

Une seule jambe, ça ne suffit pas, se dit la femme.

Pour aller là où l’on veut.

Elle frissonna, elle ne voulait pas d’un homme pour béquille. […]

 

Lui étouffe d’amour, elle suffoque… L’homme et la femme s’aiment mais ils pensent à l’amour chacun de leur côté. Ils en rêvent différemment. L’homme veut être encore plus ensemble, la femme souhaite l’être d’une autre façon. Il la serre, elle essaie de prendre de la distance. L’homme pense aux baisers, la femme est envahie par des images d’intérieur, de murs, de carrelages… Face à l’amour transi et envahissant de l’homme, la femme prend conscience qu’elle ne veut pas de la vie à deux, pas de promesses de fidélité intenables. Leur vision de l’amour diffère trop, la rupture approche, inexorable, nécessaire, vitale…

Edité dans la collection Varia + des éditions du Rouergue, cet album illustré est destiné aux adolescents dès 11 ans. Cependant, au regard de l’universalité de la thématique, je ne saurais trop le conseiller (aussi et surtout…) aux adultes.

Retrouvez ma chronique et toutes les nouveautés sur Sitartmag 

 

03.03.2008

Le corps raconté aux petits curieux

1584057491.jpgLe corps raconté aux petits curieux

Sylvie Baussier et Irène Schoch

Syros, 2007

Le corps raconté aux petits curieux est un album documentaire joliment écrit, en des termes clairs et simples. Il propose aux lecteurs à partir de 9-10 ans, et aux adultes prescripteurs, une réflexion philosophique sur le corps humain, déclinée en quatre thématiques : la définition du corps et notamment des cinq sens, les saisons du corps (enfance, puberté, vieillesse…), la question des apparences et les enjeux présents et futurs du corps.

La suite sur Sitarmag : http://www.sitartmag.com/lecorps.htm

Les p'tis papiers!

629499870.JPGBouts de papier éditions

Avril 2008

J'ai entre les mains deux albums trés sympathiques d'une toute nouvelle maison d'édition, Bouts de papier éditions. Comme leur nom le laisse entendre, ils portent une grande attention à l'illustration, faite de collages de bouts de papiers, morceaux de petits riens, pour raconter le monde bigarré qui nous entoure. Elle se décline pour l'instant en trois collections, aux noms décalés et poétiques: Cagouille (dès 3 ans) qui allie humour et absurde, Bicyclette à genou (à partir de 6 ans) qui raconte des morceaux de vies sans effets spéciaux, tout en douceur et Sans tambour ni trompette (pour enfants et adultes) qui nous entraîne dans l'univers poétique des chansons et nous fait fredonner... Leurs albums colorés donnent envie de les feuilleter, les toucher, les regarder... Ils se dégustent délicatement et proposent d'éveiller la curiosité des enfants sur la diversité du monde.

 1646599438.JPGLeur pari est réussi... J'ai lu Le collier d'Adeline dans la collection Bicyclette à genou et Mon animal à moi que j'aime dans la collection Cagouille. Le ton décalé et caustique du premier album puis la poésie du deuxième, et les jolis collages colorés des deux ont attiré toute mon attention... Les jeunes lecteurs vont adorer... Pour en savoir plus, vous trouverez un article dans le dernier numéro de Ricochet:

http://www.kidissimo.fr/presse/ricochet/ricochet_janvier_...

Pour lire mes chroniques de ces deux albums, allez sur Sitartmag: http://www.sitartmag.com/boutsdepapier.htm

28.01.2008

Rêveries d'enfance...

0c3dcaab8004e8892a13ba3bc1593612.jpgMa mère est un cirque

Christophe Riclot, Heidi Jacquemond

L'atelier du poisson soluble

Coup de coeur pour ce bel album... Le temps d’une rêverie, nous plongeons dans l’imaginaire clownesque et délirant d’une petite fille. Un pique-nique avec sa maman qui s’éternise et l’enfant s’invente un univers onirique peuplé de personnages extravagants. Ses songes l’entraînent dans un cirque endormi, que son imagination débordante réveille. Cet élégant album s’ouvre sur la toile rouge et blanche d’un chapiteau, que le lecteur écarte délicatement pour découvrir le monde festif et intérieur de la petite fille. A travers les hésitations et les doutes de l’enfant ce livre parle du talent, celui caché au fond de soi, qui fait la singularité de chaque être et pousse à se dépasser. Un petit album qui sensibilise aussi au rôle important de la maman, à l’ombre de laquelle il n’est pas toujours facile de s’affirmer et de grandir… Un petit intermède de douceur enfantine remplie de fantaisies…

13.01.2008

La magie est dans le savoir

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L’élève du magicien
un conte du Maghreb
texte de Nora Aceval et illustrations d’Emre Orhun,

éditions du Sorbier, collection « Au berceau du monde », 2007
A partir de 8 ans

C’est sur une illustration poétique et quasi pointilliste que se présente à nous la couverture de cet album. Nora Aceval, conteuse professionnelle, originaire des hauts plateaux du sud ouest de l’Algérie, nous transmet à travers ce bel objet-livre, une histoire aux couleurs orientales, narrée jadis par sa mère.
Nous découvrons l’histoire du jeune « Fahim l’intelligent ». Sa mère qui l’élève seule veut à tout prix donner à son fils unique les moyens de réussir sa vie. Sur les recommandations d’un vieillard, elle l’envoie dans une pension isolée dans la montagne, où il peut suivre les cours en contrepartie de sa participation aux travaux de la ferme. Grâce à sa soif de connaissances, Fahim ne met pas longtemps à s’apercevoir que son maître est en réalité un magicien… maléfique, qui plus est, jaloux du génie de son élève...

Retrouvez la suite de ma chronique sur Sitartmag: http://www.sitartmag.com/aceval.htm

22.10.2007

5 albums coup de coeur de l'association Lab-elle attentive aux potentiels féminins

21e44e594a0e3abbe65d69ba003fafa1.jpgVoici un lien trés intéressant 856e3c9062f97403d36f094f5ae3efb8.jpgvers une page du site de la télé-suisse romande qui mentionne cinq albums coup de coeur de LAb-Elle proposant des héroïnes intrépidese84b8bd4f28cac5eda8d28f6bf7c3044.jpg mais pas "garçons manqués", des filles espiègles, débrouillardes, énergiques et drôles qui valorisent leur singularité. Ces livres permettent aux filles de construire un univers de possibilités...

 

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 http://www.tsrdecouverte.ch/4-12/dossiers/all/lab-elle/la...

  • La princesse coquette – Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon – Editions Kaléidoscope – 2002
  • Nina la tortue – Jérôme Ruillier – Albin Michel jeunesse – 2003
  • Quand Lulu sera grande – Fred L. – Editions Talents Hauts – 2005
  • Série Rita: Rita et Machin à la plage – Jean-Philippe Arrou-Vignod et Olivier Tallec – Editions Gallimard Jeunesse – 2006
  • Sophie la vache musicienne – Geoffroy de Pennart – Editions Kaléidoscope –1999

 

09.09.2007

Ne te mouille pas les pieds Marcelle! de John Burningham, Flammarion, 1977

31d577ed3344285bc024d5c1e0447b1d.jpg Dans cet album, Marcelle transforme son après-midi à la plage où elle n’a le droit de rien faire en un film d’action dont elle est l’héroïne. Cette œuvre de John Burningham pointe « le déficit d’investissement dans le monde réel, que vient combler l’évasion dans le monde fictif » dû au « dimorphisme sexuel des conditions sociales[1] ».

 



[1] MAUGER (G.), « Lire au féminin, lire au masculin », in Lecture jeune, 12/06, n°120 p. 16.

 

 

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