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31.08.2007

Sally Lockhart: la malédiction du rubis, de Phillip Pullman

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Premier tome d’une série de quatre livres signés Philipp Pullman, grand écrivain reconnu. L’auteur anglais nous plonge dans Londres en 1872 au cœur d’enquêtes menées par une intrépide jeune femme nommée Sally Lockart.  Celle-ci a une personnalité très affirmée qu’elle tient de sa mère. A la mort de son épouse, tuée par balle lors d’une mutinerie dans une prison indienne,  Mr. Lockhart quitte l’armée pour soit disant devenir agent maritime. Il s’occupe de l’éducation de sa fille le soir après son travail. Livrée à elle-même la journée, Sally préfère monter à cheval et tirer au pistolet qu’apprendre ses leçons de français et d’histoire. Par contre, elle connaît tous les rouages de la Bourse et maîtrise parfaitement les principes de tactiques militaires et de comptabilité. Pour ses quatorze ans, son père lui offre un petit pistolet belge qui ne la quitte jamais. A la disparition de ce dernier en mer de Chine, Sally reçoit une étrange lettre. Le message parle d’opium, de sept bénédictions, et lui donne de nombreux rendez-vous. Voulant découvrir qui est réellement son père, Sally part à l’aventure et trouve le fameux rubis d’Agraphur qui suscite bien des convoitises. L’intérêt de ce livre réside dans la richesse du caractère de l’héroïne. Sally Lockhart, contrairement aux héroïnes stéréotypées des collections pour filles, sort du cadre des préjugés sexistes. Elle est extrêmement courageuse, manie les armes à feu, monte à cheval comme un cavalier de l’armée russe, c'est-à-dire de manière brutale. Elle n’est pas superficielle et prend des risques, non pas pour sauver autrui, mais pour elle-même. Elle décide de résoudre un mystère et se donne les moyens d’arriver à ses fins. Le fait que Sally Lockhart soit une fille ne fait pas de ce roman un roman pour filles. Il s’adresse à tous ceux qui aiment les intrigues policières et les romans historiques. Il renvoie aux deux sexes des images positives de l’adolescence féminine. Philip Pullman a l’habitude de mettre en scène des héroïnes  téméraires et déterminées, à l’image de Lyra dans sa fameuse trilogie A la croisée des mondes ou de Lila dans La magie de Lila. C’est un grand auteur à l’écriture fine et moderne.

Sorcières, mes soeurs de Chantal Montellier

277687741e8c1a4ef4bad14dfa083c34.gif C. MONTELLIER, Sorcières, mes soeurs, La boîte à bulles, 2066, 82 p.

"La chasse aux sorcières permet de cristalliser sur quelques individus une véritable peur sociale. La sorcière personnifie la notion de déviance par rapport aux normes..." Chantal Montellier

Une BD militante qui fait réfléchir sur l'anti-féminisme et la marginalisation stigmatisés par la "chasse aux sorcières". Pour plus d'informations: http://www.la-boite-a-bulles.com/fiche_album.php?id_album...

L'image des personnages féminins dans la littérature de jeunesse française contemporaine de 1975 à 1995

899cb111a77fedb87b11c61205fe64ff.gifMONTARDRE (H.), L'image des personnages féminins dans la littérature de jeunesse française contemporaine de 1975 à 1995, ANRT, 2003, 426 p.

Hélène Montardre, auteure de livres pour la jeunesse, éditrice et chercheuse, s'est penchée sur l’image des filles et des femmes données par les auteurs de littérature jeunesse. Elle a constaté la sous-représentation du sexe féminin et une dévalorisation de ces personnages par rapport à leurs homologues masculins alors que les filles lisent plus que les garçons. L’étude de la littérature de jeunesse publiée récemment permet de mettre en lumière le sexisme encore présent tant dans les textes que dans les illustrations. Ses travaux confirment un phénomène commun aux albums et aux romans pour enfants et adolescents. Les stéréotypes sont toujours vivants et les rôles traditionnels restent attribués à chacun des sexes. Une large partie de cette production littéraire est sexiste et cela a des conséquences regrettables sur les jeunes et notamment les filles.

"Dansons autour du chaudron"

fa8f77aa97e44fba9a1061e5d5a468b2.gif "Dansons autour du chaudron" Les sorcières dans la littérature, Folio, 2005, 137 p.

La diversité des sorcières à travers les textes de nombreux écrivains: Jules Michelet, Charles Baudelaire, Marcel Aymé, George Sand, Roald Dahl, Michèle Gazier, Maryse Condé, Guy de Maupassant, John Updike, William Shakespeare, Charles Nodier, Howard Philips Lovecraft et Apulée. 

Verte de Marie Desplechin

ecc1978b1a6377413df11e5556a922cb.gif Dans la famille de Verte, l’héroïne du livre éponyme, on est sorcières de mères en filles. Ursule, sa mère, a de plus en plus de difficultés à comprendre sa fille de onze ans. Elle s'inquiète de ne pas la voir devenir, comme toutes les filles de la famille, une sorcière émérite. Anastabotte, la grand-mère, propose de prendre l'éducation de la petite en main car « il est plus facile d'être une bonne grand-mère qu'une mère accomplie. »

Extrait:  Oui, je sais qu’elle s’est mis en tête de faire de moi une grande sorcière, que je sois d’accord ou non. Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi elle ne se contente pas d’être une grande sorcière, elle. Comme ça, elle pourrait me ficher la paix [...] Vois-tu Mamie, ce qui m’énerve le plus, c’est que je ne peux pas choisir. Ce n’est pas juste d’être obligée de faire des choses que l’on n’a pas envie de faire. Je suis très bien comme je suis. Je ne veux pas changer. Je ne veux pas ressembler à Maman. Elle n’a qu’à se ressembler elle-même puisqu’elle se plait tant...

Sorcières et sorcellerie

69ae9e6afbb157b6e38d946124f1cda9.gif PLANTE (C.), Sorcières et sorcellerie, PUL, 2002.

"Pour un sorcier, dix mille sorcières" : c'est sur ce rappel que Michelet commençait en 1862 la préface de son ouvrage, et il est vrai que la sorcellerie est traditionnellement associée aux femmes, voire à une manifestation du féminin. En Europe, une telle vision remonte au moins au Marteau des sorcières d'Institoris et Sprenger (1486). Elle perdure pendant des siècles sous des formes variées, qu'on explique la sorcellerie par l'intervention de Satan, par la maladie, par l'hystérie ou encore par la misère du peuple. Elle se retrouve quand une revue féministe des années 1970 prend le titre de Sorcières, dans une volonté d'appropriation ironique de la tradition. Dans ce volume Sorcières et sorcelleries, issu d'une journée d'étude tenue à Lyon 2 en novembre 1999, des chercheurs de différentes disciplines (histoire, littérature, anthropologie) interrogent les fondements, l'évolution et les implications de cette association de la sorcellerie et du féminin - qui comporte aussi en creux sa conception du masculin. Un premier ensemble d'articles, réflexions historio-graphiques et analyses de textes, porte sur l'émergence de la répression et le grand moment de la chasse aux sorcières (XVe-XVIIIe siècles). Une seconde partie propose des approches plus diversifiées, évoquant le traitement littéraire de la sorcière au XIXe siècle, l'expérience de la revue Sorcières (1975-1982), et les pratiques de désorcèlement dans le monde rural français des années 1970.

Isa la sorcière

4b7592a2d205ef13c02b27ad6179139a.gif BURGESS, (M.), Isa la sorcière, Hachette, 2004, 217p.

Je vivais depuis longtemps dans la terreur de ma propre étrangeté et sous la menace de l’enfer que ces évènements m’apparaissent inévitables. Le mal suintait de tous mes pores. J’avais bien suivi les conseils de Nath et du pasteur : je disais mes prières, j’écartais le feu de mes pensées, je m’appliquais à mes devoirs familiaux... (p.65)

Isabelle prénommée Isa est le personnage central de ce roman historique. Petite fille rousse aux yeux vert clair, elle possède, malgré son jeune âge, un caractère courageux et dévoué. Près d'elle, son vieux père adoptif Nat est un être sage et généreux. Il possède un don, celui de guérir. Tout proche aussi, le personnage mystérieux "d'Iohan A-Style" est une vieille femme imposante et volontaire. Au delà de sa bienveillance se cache un corps blessé et un secret, celui qui la lie à l'héroïne. Isa-tu-brûles tient ses dons de clairvoyance et de guérison de sa mère, brûlée vive. Ses dons et la peur des gens lui font craindre l'enfer... Une sorcière est-elle nécessairement mauvaise? Qu'est ce que le Bien, qu'est ce que la mal? De quoi sont coupables les sorcières et à travers elles toutes les femmes?

Féminin masculin : mythes et idéologies

b261fbf3b7b6eba2f0cb482444839342.gif VIDAL (C.) ss. la dir. de, Féminin masculin : mythes et idéologies, Belin, 2006, 123 p.

Qu'est-ce qui nous fait homme ou femme? Les progrès des neurosciences et de la génétique permettent désormais de mieux comprendre pourquoi l'être humain, dans ses comportements, échappe aux lois du déterminisme biologique. Mais les idées reçues et les préjugés ont la vie dure. La tentation est toujours présente de mettre en avant des raisons " naturelles " pour expliquer les différences entre les sexes et justifier les inégalités sociales. Dans ce débat, le regard croisé des sciences "dures" et des sciences humaines s'impose pour examiner avec le recul nécessaire l'évolution des idées et des pratiques sociales dans la construction du féminin et du masculin. C'est l'objet de ce livre qui réunit des spécialistes de différentes disciplines. La confrontation des approches en fait un ouvrage indispensable pour nourrir la réflexion sur les fondements de nos identités de femmes et d'hommes.

Jala

8b073258aa956688892aa9007814eb1a.jpgUBAC (C.), Une histoire impossible à peindre, Ecole des loisirs, 2004, 141 p.

Dans le royaume d'Urcande, les femmes gouvernent depuis cinq générations. En Urcande « la féminité ordonne et soumet », la loi est formelle et cela depuis qu’une ancêtre royale fut abandonnée avec sa fille par un roi belliqueux. Au moment où commence l'histoire, la reine Enora, vingt cinq ans et s'apprête à désigner son héritière sans avoir aucune relation avec un homme. L’intendante se rend à sa recherche, d’orphelinats de filles en orphelinats de filles. Oui en Urcande, c’est ainsi : tandis que les garçons sans parents lavent par terre et nourrissent les cochons de ferme, les orphelines sont élevées dans de vastes manoirs aux portails luxueusement sculptés. Leur gouvernantes doivent signaler à l’Intendante royale toute pupille faisant preuve de trois qualités suivantes : intelligence, force de caractère et… un talent spécial. Jala est choisie pour ses inégalables talents de peintre. A sa majorité, afin de préserver le pouvoir des femmes, elle devra tenir en échec chacun de ses prétendants lors de l'épreuve qui lui est imposée, raconter une histoire impossible à peindre. L'histoire principale véhicule une vraie réflexion sur une société pensée et organisée par et pour les femmes, exclusivement. Quatre contes y sont insérés. Ce sont ceux du dernier prétendant, un jeune berger qui malgré son sang impérial préfère vivre humblement. La reine Enora se réjouit d’humilier l’empereur, descendant du roi traître. Mais à la surprise générale ses contes sont impossibles à peindre sans altérer le sens métaphorique de ses mots. Jala se sent de plus en plus oppressée d’être élevée en vue de gagner un concours, « comme une jument dressée pour la course ». Elle est en âge de décider de sa vie et elle décide de s’enfuir avec  le berger. L’héroïne ne se réalise pas parce qu’elle est aimée par un homme mais parce qu’elle déchire la carcan maternel et fais des choix personnels. Les deux jeunes adultes décident de se lancer ensemble dans la vie active. « Pour commencer, nous ferons le commerce des cuirs imprimés provenant de tes bêtes. Quand l’affaire sera lancée, nous investirons dans la fabrique des livres illustrés sur peau. Avec ton imagination et ton art, je te parie qu’avant un an notre maison d’édition sera connue dans ton pays aussi bien qu’à l’étranger. C’est l’étape où j’utiliserai mon expérience diplomatique à nous introduire dans les hautes sphères. » Sa mère, à qui elle a laissé une lettre explicative, ne lui pardonne pas. « La patine des jours n’émousse pas la fierté de la reine. C’est une femme de la vieille école, fidèle à la haine ancestrale – par adoption – au sexe opposé. » Jusqu’à la fin de sa vie elle refuse de rencontrer Jala, néanmoins quand elle meurt bien des années plus tard, son testament lègue son royaume à sa fille adoptive, la laissant ainsi libre de rétablir le gouvernement à deux têtes des origines d’Urcande.

Du côté des petites filles

f57555c33ccd5643780c687b319398d4.gif GIANINI BELOTII Elena, Du côté des petites filles, Des femmes, 1995.

La soi-disant infériorité des femmes, affirme Elena Gianini Belotti, naît de leur conditionnement. Elle n'est pas plus naturelle que ne l'est la supériorité de l'homme. Et si l'éducation ne visait qu'à développer les qualités humaines de l'enfant, sans tenir compte de son sexe, cette ingégalité s'effacerait d'elle même. Ecrit en 1974 par une enseignante italienne, étayé par des enquêtes, c'est un livre trés important car il montre, pour la première fois, de façon claire et irréfutable les racines de l'inégalité entre hommes et femmes. A lire à tout prix!

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