24.01.2008
Ame indomptable!
Jean-François Chabas
Perce-neige et les démons
Médium, 2007
Toujours au fil de mes prospections bibliographiques pour la rédaction de mon projet de recherche doctorale, je découvre un roman qu'il me tarde de lire. Le résumé qui en est fait sur le site de L'école des loirsirs aiguise mon intérêt... Le voici: Elle est indépendante, rebelle, farouche, précoce, impassible. À douze ans, elle connaît les pouvoirs magiques des herbes, et elle jouit d'un don de prémonition redoutable qui provoque la répulsion chez la plupart de nos compatriotes. C'est une âme indomptable dans un corps de petite fille, née en pleine guerre indienne contre l'oppression des Blancs. Et c'est ma cousine. Je suis chargé de la protéger, contre les ennemis, les démons, contre elle-même. J'ignore où va nous conduire sa volonté irrésistible, et jusqu'à quel point son nom de Perce-Neige la gardera. Elle ne restera pas toute sa vie à tanner des peaux de bison chez les Sioux Santee. Elle a mieux à faire. Partout où elle ira, je la suivrai.
23.01.2008
TDC n°947 "Sorciers, sorcières"

TDC, n° 947, 1er janvier 2008
Sorciers, sorcières
On trouve notamment dans ce numéro de TDC un excellent article sur l'évolution de la sorcière dans le cinéma. Il pointe l'usage de ce personnage fait par le 7ème art pour questionner les rapports entre hommes et femmes ou servir de révélateur des relations de pouvoir. Son étude des principaux films et dessins animés mettant en scène des figures de sorcières montre qu'à travers le cinéma s'élabore la critique d'une société où la femme ne joue que le second rôle... Qu'en est-il dans la littérature jeunesse où le personnage de la sorcière est récurrent? Joue-elle tjs un rôle d'adjuvant méchant ou a-t-elle enfin pris sa place d'héroïne à part entière? Ceux que cette problématique intéresse pourront se balader son ce blog pour trouver des réponses à leurs questions...
Depuis toujours, les sociétés ont leurs sorciers, êtres à part auxquels on prête des dons surnaturels, jeteurs de sorts bienveillants ou malveillants. Chaman, medecine-man ou magicien ont une image plutôt positive de visionnaire ou de « leveur de maux ». En Europe, associés au démon depuis l'époque troublée du Moyen Âge, les sorciers ont été longtemps persécutés. Au-delà des évènements historiques, le thème de la sorcellerie n'en finit pas d'inspirer les artistes et de fasciner les petits et les grands.
Le sommaire détaillé et des articles à consulter sont en ligne, il suffit de cliquer sur ce lien: http://www.sceren.fr/RevueTDC/som947.asp
21:21 Publié dans Sorcières, vous avez dit sorcières!? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sorcellerie, image de la femme, cinéma, littérature jeunesse
Pome, la suite de Verte
Vous souvenez-vous de Verte, jeune sorcière moderne, en quête d'identité et d'émancipation vis à vis de sa mère... Je découvre, qu'une suite vient de sortir et que sa qualité littéraire est à la hauteur du premier opus qui était déjà un petit bijou de littérature jeunesse... Ne l'ayant pas encore lu, je mets un lien vers la critique d'Anne-Marie Mercier-Faivre sur Sitartmag.
http://www.sitartmag.com/mdesplechin.htm
Pome
Marie Desplechin
L’école des loisirs (neuf), 2007
14:35 Publié dans Sorcières, vous avez dit sorcières!? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pome, Verte, Marie Desplechin, sorcière
17.12.2007
La lettre écarlate
La lettre écarlate
Nathaniel Hawthrone
Garnier Flammarion
Est-ce un crime d'aimer?
La lettre A en belle étoffe écarlate, brodée de fils d'or sur la poitrine de la jeune Hester Prynne, telle une marque au fer rouge témoignant de son crime, nous crie que oui. Hester a commis un adultère. Elle est accusée d'avoir pêché avec un homme du village, dont elle refuse de dévoiler le nom, et d'avoir eu un enfant avec lui. La beauté insolente de cette femme contraste avec la grisaille puritaine ambiante. Son vêtement orné du fantastique A, aux détails si originaux, révèle l'insouciance désespérée d'une femme condamnée pour avoir aimé.
Ce trés beau livre s'ouvre sur la scène édifiante qui suit. Avant de retourner en prison, Hester est conduite sur le lieu du châtiment, le pilori de la place du marché, symbole de l'ignominie humaine. Elle y est exposée devant, le bébé du pêché dans ses bras, le temps de subir les impitoyables regards, les venimeux coups de langue et les outrages en tout genre de la foule amassée. Infame masse humaine peuplée de puritains frustrés par une morale austère et oppressante. Dans une telle société les passions sont forcément inavouables et doivent être enfouies au plus profond de soi.
La lettre écarlate va l'ostraciser. Elle est mise au ban de la société puritaine de Boston, condamnée à la solitude.
Dans la foule qui l'observe se trouve un homme, son mari, qu'elle croyait avoir perdu, tant son absence s'était éternisée. Il la reconnait. Un peu plus tard, il vient lui rendre visite en prison et lui fait promettre de ne jamais signaler sa présence aux autorités de la ville. Roger Chillingworth vient de faire son apparition. Un seul dessein anime cet homme trompé, bafoué, perdre l'âme de son rival.
Hester reste quelques mois en prison, où pour passer le temps, elle brode de fabuleux vêtements car elle possède le don de lier les fils avec génie. Courageuse et digne, elle affronte les reproches des Puritains. En parallèle se noue un autre drame, car le jeune amant d'Hester n'est autre que le pasteur, considéré comme un saint par la communauté, Arthur Dimmesdale. Cet homme d'église dépérit de jour en jour, s'émacie, consumé par une culpabilité silencieuse. Roger Chillingworth, finit par s'en rendre compte et comprend quel terrible secret en est la cause. Fou de haine contre le traître, il prend un malin plaisir à l'accompagner vers la mort en intensifiant insidieusement sa culpabilité. L'amant, sous la torture morale, expire au bras d'Ester qu'il a toujours aimé, après avoir avoué à la face du monde qu'il est le père de la petite Pearl.
Les années passent. Hester élève dignement et seule, sa petite fille, adorable petit lutin, mutin et charmeur, fruit de l'amour interdit. Considérée comme la fille du Prince des Airs, l'enfant-sorcière grandit stigmatisée par les bien-pensants. Cependant sa mère finit pas être réhabilitée par la communauté et sa lettre A devient le symbole de sa rédemption par l'action. Sa fille connait le même sort à partir du moment où son père confesse sa faute et, de la sorte, est pardonné.
Ce roman historique publié en 1850 est un pamphlet virulent contre la société puritaine, arrivée en Amérique au début du 17e siècle et fondatrice des treize colonies de la côte est. D'un point de vue masculin/féminin, ce roman montre en quoi les femmes, bien plus que les hommes, ont souffert du rigorisme extrême et de ses lois indignes et oppressantes. A méditer aujourd'hui encore...
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03.12.2007
Journal d'une sorcière de Celia Rees, Seuil, 2007
Nouvelle édition de cet excellent roman pour adolescent-e-s. Journal d’une sorcière est un pseudo récit autobiographique sous forme de journal intime comme son titre l’indique. L’auteure a voulu lui donner une valeur scientifique en préfaçant l’ouvrage à la manière d’une anthropologue fictive, Alison Ellman. Cette dernière aurait soi-disant retrouvé son manuscrit dans une couverture en patchwork de l’époque coloniale. On y apprend que Mary, jeune sorcière du dix-septième siècle, fut obligée de fuir son village au sein d’une communauté puritaine embarquée pour la Nouvelle Angleterre et qu’elle découvrit auprès d’eux ses pouvoirs et la haine calomnieuse des puritains envers les femmes qui ont des connaissances.
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Vies de sorcières de Celia Rees, Seuil, 2003
Vies de sorcières est la suite de Journal d’une sorcière. Il n’est plus rédigé sous forme d’un journal intime mais sous forme d’un roman non linéaire. De la même manière que dans Journal d’une sorcière, l’auteure, sous la plume d’Allison Ellman, fait précéder son récit d’une préface scientifique fictive. La structure narrative de ce roman est complexe. En effet il comporte de longs et nombreux retours en arrière à travers les songes médiumniques d’Agnès Herne, la descendante de Mary. Il met en abîme le premier tome car c’est à la lecture du Journal d’une sorcière qu’Agnès Herne, jeune indienne Mohawk, comprend qu’il lui faut retrouver la trace de Mary, disparue trois siècles plus tôt, et dont le destin est étrangement lié au sien. Elle contacte l’anthropologue qui avait retrouvé les feuillets du journal intime de Mary et en avait fait un livre. Elle lui révèle qu’elle est sa descendante et qu’elle peut l’aider à retrouver sa trace dans le temps. Puis avec l’aide de sa tante, Agnès devient Mary le temps d’un voyage spirituel au dix-septième siècle. Mary, à travers l’esprit d’Agnès, nous conte sa propre histoire, celle d’une adolescente fugitive recueillie par Geai et Aigle Blanc, celle d’une femme acceptée par la tribu sous le nom d’ « Yeux de loup ». Le procédé narratif, très intéressant, permet la mise en lumière de trois personnages féminins très riches intellectuellement: Allison l’anthropologue, Agnès la descendante de Mary, étudiante en anthropologie et douée du pouvoir de double vue puis Mary la sorcière « historique ».
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29.11.2007
Hermione Granger et les Relique de la Mort
Dernier tome d’Harry Potter savouré avec délectation et lenteur, afin de faire durer le plaisir avant l’inéluctable fin de l’histoire… Plusieurs années que l’automne rime avec la sortie tant attendue d’un nouveau tome… Et à chaque fois, la magie de ses mots opère, bien qu’entre temps je lui aie été quelque peu infidèle… La surmédiatisation du phénomène, les films qui ne m’ont guère enthousiasmée, le marketing intensif, n’ont pas eu raison de mon attrait enfantin pour Harry, Hermione, Luna, Molly, Ginny, Mac Gonagal, l’infâme Bellatrix et les autres… Peut-être est-ce parce que dans ce monde de moldus ennuyeux et peu fantasques j’ai ce besoin impérieux d’évasions littéraires dans le monde merveilleux des sorcières, ces êtres douées de pouvoirs libérateurs… Mais revenons à nos reliques… Ce dernier opus réussit-il à clore de façon convaincante l’histoire, en renouant de façon cohérente les fils de toutes les intrigues? D’un certain point de vue oui, puisque, comme attendu, le Bien l’emporte, Harry par un subtil sort du destin, s’en sort et terrasse l’ennemi aidé par tous ses fidèles amis. J.-K. Rowling donne les clés nécessaires à la compréhension des tomes précédents… Par contre certaines vérités qui éclatent, semblent « tirées par les cheveux »… Non pas celle, tant commentée depuis, qui nous apprend que Dumbledore a été très proche de Grindelwald, mais plutôt celle concernant Rogue. Agent triple, au service de Dumbledore, son vœu était en réalité de protéger Harry au nom de son amour éternel pour Lily Potter… Le rebondissement judicieux et réaliste de ce tome 7 est cependant la manifestation d’amour inattendue de Dudley à Harry, au moment de lui dire adieu pour la dernière fois. Ce personnage jusqu’alors caricatural, devient enfin - il était temps - complexe et digne d’intérêt.
Concernant les personnages féminins de ce dernier tome, ils sont importants dans l’intrigue et manifestent tous un courage indéniable. Hermione est plus que jamais essentielle dans la quête initiatique de Harry puisqu’elle l’aide à surmonter presque toutes les épreuves. Il semble comme un peu perdu, dépassé par les évènements et ce destin exceptionnel très lourd. Heureusement Hermione le guide vers l’issue finale, bien plus que Dumbledore l’avait espéré... Le personnage d’Hermione a permis à des millions de jeunes filles « intellos » d’être dignement et positivement représentées. J’entend par-là, de ne plus être stigmatisées comme des « fayotes », des « bêcheuses » ou des filles ennuyeuses, mais d’incarner la brillance, le courage, l’audace et la raison… En regrettant tout de même son manque de folie… qualité dont n’est pas dépourvue Luna, pour notre plus grand plaisir !
15:15 Publié dans Sorcières, vous avez dit sorcières!? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Harry Potter, Hermione, roman pour adolescent, Harry Potter et les reliques de la mort
11.11.2007
Mémoire de Master 2: La sorcière, héroïne de romans-jeunesse contemporains : pour quelles images des femmes?
Mémoire-sorcières-définitif.doc (Je n'ai pas encore apporté à ce mémoire les corrections nécessaires, il est donc complètement perfectible...)
Le choix de mon sujet de mémoire découle de mon intérêt pour la réflexion autour de l’égalité fille/garçon. En effet, lors de mes études en histoire, je m’intéressais déjà aux questions liées à la place des femmes dans la société et notamment dans les religions primitives. Mon mémoire portait sur la religion minoenne, dominée par une grande Déesse Mère. Dès la fin de mon année de maîtrise je me suis orientée vers les sciences de l'information et de la documentation afin de passer le concours d'enseignant du second degré et devenir professeur-documentaliste, avec l’idée mise de côté le temps du concours, de reprendre mes études et la recherche par la suite. Un séminaire sur le genre en éducation dirigé par Mme. Méjias et Mme. Baurens, lors de ma deuxième année d’IUFM, m’a permis de découvrir la réflexion sur le « genre masculin-féminin », tout en la reliant à l’un de mes centres d’intérêt, la littérature jeunesse et notamment à Harry Potter. Mon mémoire professionnel portait donc sur l’image des filles et des garçons dans Harry Potter. A travers cette étude j’avais tenté d’observer de quelle manière ce roman renouvelle l’approche des stéréotypes dans la littérature de jeunesse en présentant des personnages féminins et masculins qui cassent les stéréotypes ambiants, c'est-à-dire des garçons sensibles et des filles courageuses. Cette recherche s’était appuyée sur une analyse théorique de l’image des filles et des garçons mise en perspective avec les représentations des élèves de la 6° à la T°, cela grâce à un questionnaire créé par mes soins et distribué à 80 élèves volontaires. Ce séminaire et la rédaction du mémoire professionnel ont confirmé mon désir de poursuivre mes études, en les orientant vers la littérature jeunesse et le genre M/F. De plus la découverte de l’essai Du côté des petites filles d’Elena Gianini Belotti m’a ouvert les yeux sur le conditionnement de ces dernières et m’a incité à m’intéresser à ce qu’on leur donnait à lire, forgeant ainsi leur identité sexuée. En effet la littérature est porteuse de valeurs concernant les rapports entre les deux sexes. Actuellement la littérature jeunesse connaît une opposition entre des ouvrages affirmant l’égalité des sexes, invitant garçons et filles à sortir de leurs rôles prédéfinis, et des ouvrages proposant au contraire une conception rétrograde des sexes et renvoyant les jeunes lecteurs aux stéréotypes attribués généralement à leur sexe. J’ai souhaité réfléchir plus sérieusement à la question des représentations du féminin dans les romans pour adolescents. En concertation avec mes deux professeures, j’ai donc choisi d’étudier La sorcière, héroïne de romans jeunesse contemporains et de poser la question de l’image des femmes véhiculée à travers son personnage. Le choix d’étudier ce personnage fait sens par rapport à la question du genre car cela revient à étudier la manifestation du féminin par excellence. Comme Michelet l’a rappelé en 1862 dans son célèbre ouvrage : « Pour un sorcier, dix mille sorcières » En effet, pour reprendre une citation de Christine Planté, dans la préface de Sorcières et sorcellerie, « L’histoire de la sorcellerie, de sa répression et de ses représentations est traversée par la différenciation des sexes et met en jeu un imaginaire féminin[1]. » Dans la production littéraire de jeunesse et notamment dans les romans pour adolescents, la sorcière est en effet de plus en plus présente depuis les années 90 et plus particulièrement ces dernières années. Ce travail de recherche sur les images féminines véhiculées par les nouvelles sorcières a reposé sur l'étude narratologique et culturelle d’un corpus littéraire de 9 romans ainsi que sur la confrontation des travaux de recherche existants sur la littérature jeunesse. Après avoir fait une synthèse de leurs conclusions, je suis partie de l'hypothèse d'un retour du sexisme dans ce segment littéraire. Dans ce contexte-là, j’ai étudié la modernisation paradoxale du personnage de la sorcière, héroïne de nombreux romans pour adolescents, puis j’ai observé si ce nouvel emblème féminin permettait globalement une valorisation de la figure héroïque féminine et de l’image des femmes. J’ai constaté que de nouveaux stéréotypes avaient succédés aux précédents mais qu’ils n’étaient plus liés au sexe des sorcières mais plutôt au marketing éditorial. En effet la sorcière, investie positivement, à l’image d’Hermione Granger, l’alter ego féminin de Harry Potter plait énormément aux filles mais aussi aux garçons. C’est pour cela que la sorcière s’est faite blanche, pour répondre aux attentes des lecteurs. Par contre les auteurs qui choisissent sincèrement de raconter des histoires de sorcières ont simplement envie de proposer des personnages d’aventurières, tintés d’une sorte d’exotisme obscure. Nos sorcières, à mon sens, sont l'incarnation "unisexe" d'une personne accomplie et libre de ses choix. En ce sens ce personnage me semble tout à fait valorisant pour les adolescentes, mais ni plus ni moins que les « piratesses », les aventurières ou autres battantes sans pouvoirs surnaturels. Ainsi elles proposent de nombreux modèles féminins, plus ou moins inspirés. Mary est une aventurière, Blanche une révoltée sociale, Isa une angoissée, Verte une jeune fille désireuse de ne pas ressembler à sa mère, Reason une rationnelle, Tara une super- héroïne, Vanessa une super-héroine malgrès elle et Morgane, une future grande sorcière… Mis à part les deux dernières héroïnes, issus de collections sexuées, Tara Duncan, Dans les griffes de la sorcière, Journal d’une sorcière, Isa la sorcière ou Sorcière blanche sont susceptibles de plaire autant aux qu’aux autres. « Historiques » ou « postmodernes », les sorcières d’aujourd’hui renversent les vieux clichés toujours très présents dans les livres pour plus petits. A défaut de toutes véhiculer une image renouvelée de la femme, elles proposent de nouvelles figures de la sorcière désormais plurielle. Les romans étudiés proposent donc un amoindrissement des identités de sexe car l’éventail d’héroïnes élargit les modèles de références féminins. Sans être des garçons manqués, elles sont de vraies femmes ! Ainsi les jeunes lectrices peuvent intégrer de nombreux modèles de références, pour la plupart non stéréotypés donc valorisant pour elles et les garçons peuvent s’identifier à ces personnages du sexe opposé et associer leurs qualités, non plus à la masculinité, mais à la féminité. Ma recherche m’a permis de découvrir ou redécouvrir de nombreux livres intéressants à proposer aux élèves car avant de sélectionner mon corpus définitif j’ai dû en lire beaucoup plus que neufs. J’ai rencontré au fil des mes lectures des héroïnes passionnantes qui n’étaient pas des sorcières, mais que j’avais prises pour telles avant d’avoir lu les ouvrages. Je pense à Jala l’héroïne d’Une histoire impossible à peindre de Claire Ubac ou Matilda Bones l’héroïne du roman éponyme et à bien d’autres encore… Ces deux romans furent une vraie bonne surprise et l’esprit quelque peu féministe de Claire Ubac m’a beaucoup plu… Ce fut, par contre, beaucoup plus difficile de me forcer à lire certains livres qui ne me plaisaient pas du tout. Si j’ai aimé tous les romans qui se déroulent au dix-septième siècle, j’ai par contre été assez ennuyée par ceux dont l’histoire se déroule aujourd’hui, à l’exception de Verte de Marie Desplechin. La qualité de son écriture et la mise en résonance des voix des personnages, participe bien entendu, à donner de l’épaisseur à la quête identitaire de la jeune sorcière. Par contre, je n’ai pas vraiment accroché au roman Tara Duncan par exemple. Bien que j’ai trouvé cette héroïne sympathique, l’écriture de Sophie Audouin-Mamikonian, ne m’a pas enthousiasmée. Pour conclure je dirais que mon travail reste sommaire car je n’ai étudié que neufs romans parmi la déferlante de publications. Mais j’espère cependant avoir réussi à dresser un portrait assez représentatif des sorcières dans les romans pour adolescents de publication récente. En parallèle de ce mémoire j’ai créé au cours de l'année et au fil de mes recherches ce blog afin de mutualiser de nombreuses informations concernant les études de genre M/F et la littérature jeunesse et mettre en avant la littérature enfantine proposant des héroïnes modernes. Au départ il s'agissait pour moi, simplement de présenter plus facilement à mes camarades du séminaire sur le genre et à Mme. Planté, le type de littérature sur lequel mes recherches portaient ainsi que les apports théoriques en genre existants, lors de mon exposé. Puis j'ai continué à l'agrémenter. Le nombre de visiteurs et les différents échos que j’en ai eu jusque là m’encouragent à poursuivre le développement de ce blog. Très modestement je pense qu’il contribue à promouvoir la thématique du genre M/F reliée à la littérature jeunesse et aux héroïnes.
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17.09.2007
Au delà de la porte (T.1): dans les griffes de la sorcière par Justine Labalestrier, Panama, 2006
Au-delà de la porte : dans les griffes de la sorcière met en scène Reason, une adolescente qui vit une situation traumatisante. Sa mère, Sarafina, vient d’être internée dans un hôpital psychiatrique et Reason est confiée à sa grand-mère Esmeralda. Depuis son enfance, Reason et Sarafina ont fui pour échapper à la lignée des sorcières à laquelle elles appartiennent malgré elles et Sarafina a toujours mis sa fille en garde contre Esmeralda qu’elle considère comme extrêmement dangereuse et puissante. Reason, à qui sa mère a toujours voulu inculquer la rationalité, se persuade qu’elle ne peut pas être une sorcière. Mais elle se rend vite à l’évidence qu’elle en est bien une, comme sa mère et sa grand-mère. Elle apprend aussi le triste sort des sorciers ; Ne pas utiliser ses pouvoirs et devenir fou, comme sa mère, ou pratiquer la magie et voir son espérance de vie diminuer comme une peau de chagrin. Le but de Reason, est désormais d’enrayer l’engrenage de la mort ou de la folie grâce à son don pour les structures et les nombres. Elle veut tenter de vivre le plus longtemps possible sans devenir folle. Son désir est aussi d’empêcher ses grands-parents Jason Blake et Esmeralda Cansino de voler l’énergie d’autres personnes et d’arracher Sarafina à sa solitude et à la torpeur de la folie. Un second tome devrait bientôt lui permettre d’aller jusqu’au bout de sa nouvelle quête.
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10.09.2007
Sorcière blanche de Anne-Marie Desplat-Duc
Dans Sorcière blanche, Agathe de Préault-Aubeterre nous conte son enfance et sa jeunesse mouvementée entre la Bretagne et Saint-Domingue. Elle épouse là-bas la cause des esclaves et découvre la magie vaudou avec le sorcier chaman Zaka. Opposée à l'intolérance religieuse, passionnée par l'herboristerie, Agathe lutte pour conserver son libre arbitre et son intégrité face au conformisme ambiant.
Paru aux éditions Rageot en 2006
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