03.05.2008

La chambre de sable de Joëlle Wintrebert aux éditions Glyphe, paru en 2008

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Marie, douce rêveuse surdouée de 11 ans, aspire à transcender la grisaille du quotidien en laissant divaguer son âme hors d’elle-même. Sa mère, qu’elle donnerait volontiers en pâture à un dragon familier, ne l’entend pas ainsi. Comme « mystérieusement avertie » chaque fois que sa fille est heureuse, elle n’a de cesse de venir briser ses instants d’échappée belle… Marie rêve d’échanger cette mère si grise contre son amie Nana, flamboyante artiste épicurienne, éprise de liberté, pleine de vie et d’envies.
Plutôt cérébrale et solitaire, l’enfant fuit la compagnie des autres adolescents, portés bien plus qu’elle sur la découverte de la sensualité. Elle refuse toute concession et reste libre de ne faire absolument que ce qu’elle entend, au gré de ses passions du moment. Et cet été, Marie ne trouve rien de mieux que de se livrer à son passe temps favori, filer son nouveau voisin, un vieux monsieur énigmatique qui la fascine...

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17.04.2008

Le journal de ma sœur, Anne Poiré - Seuil jeunesse, 2008 - Dès 10 ans

1823913285.jpgParticulièrement réussi, ce roman explore le deuil et ses enjeux affectifs. A travers la voix de Patrice, Anne Poiré parvient à émouvoir aux larmes tout en transmettant un véritable élan de vie. Le jeune garçon déteste sa sœur, si belle et intelligente, qui lui fait de l’ombre et attire toute l’attention sur elle, surtout celle des parents. Un jour cependant tout bascule, au moment de partir en vacances aux sports d’hivers, Julie est victime d’un accident. Le drame anéantit toute la famille et le chagrin de ses parents est tel qu’ils en oublient le reste… Comment exister au milieu du chaos ? Personne ne se rend compte de la peine de l’adolescent et de ses vomissements de désespoir. Entre culpabilité, tristesse et manque, il doit désormais vivre sans elle. Heureusement il peut compter sur une de ses professeures et sur ses amis, surtout Violette et Ismaïl. Le soutien d’une psychologue et une thérapie familiale s’avère nécessaire à tous pour faire le deuil de cet être tant aimé et apprendre « à vivre sans ». La découverte par Patrice du journal intime de sa sœur, le libère de sa culpabilité et le réconcilie définitivement avec elle. Un livre réaliste écrit dans un style direct qui bouleverse par sa justesse et trace les chemins de la re-naissance après la perte.

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08.04.2008

Coup de coeur innatendu!

1446713417.jpg Le pont aux cerisiers écrit par Blanca Alvarez et Traduit de l’espagnol par Anne Calmels, Castor Poche Flammarion, 2008 

  Voici un livre soigneusement écrit, tout en douceur et en sagesse, qui aborde le thème de la transmission inter-générationnelle d'une fort joli façon.

« Le pont aux cerisiers sépare deux rives comme deux vies destinées à se rejoindre : l’existence n’est qu’une passerelle qui naît dans le vide et s’achève dans l’oubli. » D’inexistants nous redevenons poussières. Seule la Mémoire persiste et fait exister les ombres du passé.

Ce roman aux saveurs du Céleste Empire nous entraîne à la croisée d’une Chine urbaine reniant ses racines ancestrales et d’une Chine rurale empreinte de sagesse et de traditions perdues. Il aborde le thème fondamental de la transmission intergénérationnelle, puis celui de l’oppression sociale faite aux plus faibles. L’auteure décline cet asservissement à travers plusieurs histoires entremêlées, racontées par la sage et honorable Lin-Lin à sa petite fille Bei-Fang. La jeune fille, d’abord réticente à l’idée d’écouter les « palabres » de sa vieille grand-mère, prend rapidement conscience du pouvoir des mots et de la liberté qu’ils recouvrent. Elle ouvre son cœur à cette sève transmise de femmes en femmes depuis la nuit des temps.

 

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30.01.2008

Liberté, responsabilité, sexualité...

f7b2750189dc175909326f05ea46a048.gif Lady ma vie de chienne de Melvin Burgess, Gallimard jeunesse, 2002, 236 p.

Cet excellent livre soulève de nombreuses questions par rapport à la question féminine. Pourquoi une jeune fille qui enchaîne les relations sexuelles est-elle nécessairement "une chienne", sous pretexte qu'elle "aime ça" ? Pourquoi les auteurs qui osent proposer des personnages féminins originaux se limitent-ils à la sorcière ou à l'ado métamorphosée en animal? Ne serait-ce pas un "alibi" pratique? L'oeuvre de Burgess a le mérite de dénoncer le carcan de la moralité imposée par les hommes et de louer la liberté, celle de Lady-Sandra de rester une chienne et de mordre la vie à pleines dents.

La 4° de couv: Sandra est une adolescente vraiment dévergondée : sentiments excessifs, désirs impulsifs, préoccupations pas toujours avouables...
D'ailleurs, depuis quelque temps, elle fait n'importe quoi : garçons, nuits blanches, vodka... à volonté et sans modération ! Un jour, au cours d'une dispute avec un clochard, Sandra se retrouve brusquement transformée... en chienne ! Celle que l'on appelle désormais Lady découvre sa nouvelle condition : se nourrir, dormir, s'amuser et se faire plaisir... Une vie qui fonctionne à l'instinct... Une vie de chienne ! Un roman percutant, drôle, original, qui ne manquera pas de choquer, de créer un réel débat mais ne laissera pas indifférent. Cette fois encore Melvin Burgess surprend !

27.01.2008

Sport et identités sexuelles

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Voici un article d'Ariane Tapinos tout à fait pertinent découvert sur Citrouille:

 http://lsj.hautetfort.com/archive/2008/01/21/sport-sexe-e...

Il met en avant trois romans de Joyce Carol Oates, destinés aux adolescents (Zarbie les yeux verts, Sexy et Nulle et grande gueule).Au coeur de chacune de ces histoires le sport est présent. Comme le dit trés judicieusement la philosophe Geneviève Fraisse « les pratiques sportives restent des territoires fortement sexués et stéréotypés où se reproduisent mais aussi se transgressent les modèles dominants de la virilité et de la féminité ». Ces trois livres sont donc particulièrement intéressants pour l'étude de la construction et la trangression des identités de genres...

 

 

 

21.01.2008

"Métamorphoses"

8657b019390ea56a6eee7d77ebba516f.jpgIl manquait un titre à ma courte bafouille et Blandine Longre lui en a donné un... merci!

Voici la chronique d'Amoureuse, roman écrit par Janine Teisson, chez Syros, dans la collection Tempo +.

Amoureuse raconte les premiers émois d’une jeune chrysalide prénommée Viviane, au début des années 60. La révolution libertaire n’a pas encore eu lieu. Du haut de ses douze ans et demi, Viviane s’occupe de son petit frère pendant que ses parents travaillent péniblement. La demoiselle ne veut pas effectuer sa mue et dénigre les filles de son âge qui cherchent à être séduisantes. « Devenir femme ne l’intéressait pas. Pour passer son temps à faire la vaisselle et le ménage, comme sa mère, à obéir à un homme qui se croyait supérieur, parfait et était si loin de l’être ? Merci ! Etre une femme : être définitivement inférieure, comment ces imbéciles aux cheveux permanentés, aux soutiens-gorge gonflés pouvaient-elles désirer cela ?... Etre forcée d’accepter une vie étroite. Trop étroite. Se savoir papillon et rester coincée à jamais dans l’enveloppe d’une chrysalide, pire dans la peau d’une chenille. Une injustice… » Viviane confond manifestement féminité et asservissement au désir de l’autre. Tiraillée entre un besoin de liberté et un sentiment inconnu étrangement aliénant, elle devient sans s’en rendre compte ce qu’elle exécrait jusqu’alors, une fille amoureuse…

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